SILVIA

Lucette  Laribe peint le Brésil

Une fois de plus la « Galerie Montmartre Jorge » a ouvert ses salons de la rue São Clemente pour une Exposition individuelle de peinture.

Lucette Laribe, artiste française expose une collection de ses travaux, démontrant qu’elle connaît réellement notre terroir, aimant nos rythmes musicaux, nos gens de couleur, vivant notre quotidien en s’intégrant dans notre folklore.

La ville de Rio de Janeiro avec ses collines et son samba, la macumba sur les plages ou la sérénade du musicien ont impressionné l’artiste tout autant que les églises de Bahia et les bahianas à la fête de Bomfim. Le Carnaval carioca se trouve dans ses tableaux avec sa richesse thématique. Les « blocs de sujos », les Ranchos et les Ecoles de samba, - notre carnaval de rues, tout est documenté dans ses toiles avec nos couleurs filtrées en une technique originaire de son Ecole de Paris et des solutions cubistes bien organisées pour l’obtention du réalisme brésilien.

L’expérience de l’artiste lui a permis de visiter nos milieux musicaux  populaires et elle-même a créé une petite  Ecole de Samba qui a voyagé à l’étranger  pour montrer nos « batucadas » et notre samba à des pays d’Amérique Latine.

Nous avons tous été voir « l’Ecole de Samba de la Française » qui est devenue plus tard d’Ipanema, et ainsi nous pouvions nous attendre au cheminement que prendrait ses compositions picturales. Dans ses tableaux, l’expérience de vie révèle la sincérité de l’artiste, la gaîté de ses couleurs communique les états d’âme de ses personnages.

Les femmes du Marché par exemple transmettent le sentiment de l’humain dans la lutte quotidienne. La Macumba de Yemanja parle au cœur des croyants qui fêtent la date de la divinité avec les chants et les offrandes transférés par la présence de la reine de la mer dans l’immensité obscure de l’océan.

Notre cher José Lins do Rego écrivait en 1952 : « Elle travaille ses tableaux avec l’ardeur de celui qui creuse profondément et ne croit pas au miracle des improvisations ». Et cela est vrai - sa concentration n’est pas facile pour l’exercice et l’élaboration de la manifestation picturale.

Lucette reçoit l’image externe pour un processus interne. Son laboratoire humain réalise ce qui doit être révélé - de là l’authenticité de son travail. Sa forme d’expression n’est pas brésilienne, mais dans son langage son résultat est brésilien. Dans les portraits on sent combien elle a besoin de s’affirmer dans le figuratif – Mme Waleska Rego et ses mulâtresses sont des figures vivantes.

L’exposition est placée sous le Haut Patronage de l’Ambassade de France et l’inauguration a eu lieu avec la présence d’artistes, personnalités et amis de l’artiste, les cocktails ont été servis par des bahianas en costume typique.