A NOITE lundi 30 décembre 1946
Letras e Arte
Une Artiste Française
L’histoire de la peinture au Brésil est liée à une série d’artistes aux noms prestigieux.
Depuis l’époque où le Brésil colonial représentait une curiosité aux yeux des européens,
des peintres de France et d’autres pays cherchaient l’inspiration pour leurs tableaux dans
un nouveau cadre et des itinéraires originaux pour leurs excursions.
Evoquons la fameuse Mission Lebreton qui vint spécialement de France pour donner un essor aux Arts Plastiques. La présence d’artistes de cette grande nation a représenté une constante dans notre formation artistique. Quelques-uns vinrent en excursions, d’autres
pour leurs activités et d’autres encore en raison des circonstances de la guerre. Le fait est que ces artistes sont venus jusqu’à nous et nous sommes particulièrement heureux de les recevoir.
Lucette Laribe, épouse du Consul de France actuellement en poste parmi nous, se trouve au Brésil en raison de fonctions diplomatiques, étant l’une de ces artistes représentante de l’authentique peinture française. Sans doute ressent elle une grande curiosité et de l’estime pour la terre qui l’accueille.
Appartenant à l’un des peuple les plus civilisé du monde, dotée d’une fine sensibilité, elle ne s’est pas enlisée dans des thèmes conventionnels et mondains relatifs à son milieu mais elle a visité les favelas, observé la ville du haut des collines, a centré ses préoccupations sur les scènes populaires et les différents types physiques et sociaux rencontrés durant ses recherches. Suite à cette analyse objective et la pénétration visuelle de son milieu, son art est devenu l’instrument magnifique lui permettant de fixer les aspects observés.
En visite à son atelier où les tableaux sont largement éparpillés on peut suivre le travail d’une artiste déjà assurée dans sa technique, d’un sens réaliste confirmé à la recherche d’expressions dans un large processus imitatif.
Ses thèmes de prédilection s’échelonnent depuis le paysage urbain avec ses maisons aux monotones toitures rouges jusqu’aux plages peuplées aux fonds montagneux.
Il est évident que le portrait devrait tenter une artiste possédant un si pénétrant pouvoir d’observation, on remarque celui de Madame Decroy et cet autre apporté de Buenos Aires où elle a résidé quelque temps. Les études de nus, simples croquis ou œuvres d’audacieuses compositions déjà achevées forment une autre série digne d’attention.
Quelques-uns sont simples et synthétiques, d’autres déjà terminés, tous sont agréables dans leurs lignes fondamentales.
On peut observer chez cette artiste un penchant pour le choix de ses modèles du type humain Noir, motif actuel de beaucoup d’études scientifiques dont quelques-unes ne révèlent pas uniquement les traits physiques mais également les caractères spécifiques à ce groupe humain. Les séquences des danses qui condensent les mouvements et les rythmes observés entre les partenaires des chaudes manifestations reflètent bien leur origine africaine.
Actuellement parmi nous, Lucette Laribe conquiert chaque jour de nouveaux amis et admirateurs dans les milieux artistiques et chez les collectionneurs. Si son cercle mondain lui était déjà acquis en raison de ses conditions de vie personnelle son ascension parmi les artistes est marquée par son travail, son talent et ses légitimes efforts.