A  NOITE             vendredi 5 août 1949

Letras e Arte

La  Française  des  tropiques

Lucette Laribe est l’artiste peintre française qui expose actuellement à l’ABI  – Association Brésilienne de Presse – Résidente au Brésil depuis quelques années, elle a connu auparavant d’autres pays d’Amérique.

C’est au Paraguay qu’elle s’est affirmée dans son art, mais c’est à Rio de Janeiro qu’elle a développé son extraordinaire vocation. La sensibilité française avait besoin de la chaleur du tropique pour s’épanouir à la splendeur du coloris et à l’impressionnant mouvement de ses compositions. On peut la situer parmi les artistes « modernes » de tendance objective et réaliste, de grande liberté d’interprétation et de couleur; la couleur étant, sans aucun doute, sa caractéristique dominante.

Acclimatée parmi nous, elle ressent un intérêt particulier pour les aspects exotiques qui peuvent être trouvés au Brésil comme partout ailleurs dans le monde. Peut-être ressent-elle la fatigue de porter la civilisation européenne dans ses plus formelles stratifications. C’est pour cela que Lucette comme Portinari grimpe sur les collines pour fixer les aspects communs de la vie quotidienne des femmes portant des bidons d’eau équilibrés sur leur tête et parcourt les rues en période de Carnaval pour croquer en plein mouvement les « cordões» et les danses populaires.

Le thème « nègre » l’impressionne visiblement, comme de manière identique il intéresse profondément nos scientifiques pour leurs plus sérieuses études.
Evidemment il y a ceux à qui déplait la tendance qu’ont les étrangers à utiliser ce genre de motifs pour leurs créations. Ce sentiment peut être compréhensible étant donné l’attraction pour ce qui est différent. Le Brésil a maintenant sa civilisation définie; auprès d’expressions de diverses natures, il offre les résultats de sa culture, de son progrès et de ses efforts (les plus notables à sa latitude) et pour cela, culture et progrès, ont contribué significativement aux diverses races qui actuellement intègrent notre peuple.

Lucette ne se limite pas à peindre des groupes au travail. Elles interprète aussi avec vigueur  des paysages urbains, les typiques maisons de Bahia, des marines à Copacabana, et même aussi des fleurs dont quelques unes ont un caractère décoratif par leur simplicité et leur composition. Elle affirme ses conditions de portraitiste avec ceux d’Herbert Moses et de Madame Kider, qui constituent deux sérieuses notes plastiques.

Sentiment et technique se trouvent réunis dans l’art bien construit de Lucette Laribe.

Celso Kelly