Lucette LARIBE née à Nice en août 1913, étudie l’architecture, la sculpture et la peinture à l’Ecole Nationale des Arts Décoratifs de Nice ( France ) de 1928 à 1933.
Elève du peintre Paul AUDRA et, plus tard, du peintre cubiste français André LHOTE, elle présente, en 1943, sa première exposition individuelle à Asuncion, Paraguay où l’artiste, mariée à un officier d’Etat-Major en poste à la Mission Militaire Française dans ce pays, réside dans un premier temps.
C’est toutefois au Brésil, en 1946 que l’artiste reçoit le choc des contrastes, de la luminosité, de la musique, de l’exubérance de cette réalité brésilienne qu’elle va s’attacher à traduire avec passion à travers toute son œuvre.
Sa connaissance antérieure de l’Afrique l’amène naturellement à une étude des coutumes populaires, des survivances culturelles et religieuses africaines, très présentes au Brésil.
Avec force, elle dépeint de nombreuses scènes de la vie quotidienne du petit peuple où l’élément Noir et Métis occupe la place principale, transférant dans ses compositions picturales toute sa vision du monde afro-brésilien qui lui fournit inspiration et besoin d’expression.
De là, cette thématique très particulière, qui surprend et mobilise l’attention des critiques, à une époque où l’exaltation de la négritude n’est pas forcément de mise notamment dans un certain milieu social.
Ainsi, l’on peut lire en 1954, dans la Folha da Noite de São Paulo, la critique suivante de Mr José Geraldo Vieira :
Intégrée dans la lumière et la réalité de Copacabana et Ipanema - où les contrastes de gratte -ciel et de favelas, plages et collines, conduisent l’artiste à une peinture chaude et émotive de réalisme social-. Lucette a opté pour les thèmes populaires tout en s’assujettissant aux expériences d’une technique moderne de la composition. Développant ses recherches à la réalité bahiana, elle s’est très vite imprégnée de motifs de la vie quotidienne.
C’est actuellement une artiste au service du réalisme, interprétant à travers un style de composition très personnel dans lequel on peut noter les leçons de synthèse d’André Lhote et d’Ozenfa.
Le travail pictural de Lucette Laribe constitue une œuvre spécifique : la technique structurale préconisée par André Lhote y est une constante, tandis que l’Afrique s’y trouve représentée à travers une thématique très brésilienne du « Carnaval de Rio », des « Scènes de Marché », les thèmes religieux de la « Macumba » et du « Candomblé » ainsi qu’à travers de nombreux portraits.
Lucette Laribe figure dans le «Dictionnaire des Arts Plastiques» de Roberto Pontual - Bresil